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Chronique Star Wars VII Le Réveil de la Force

Cette critique est garantie sans spoils de ce dernier épisode.

Trente-deux ans après les événements du « Retour du Jedi », l’Empire a cédé sa place au Premier Ordre, et la résistance peine à tenir tête au coté obscur, même avec le soutien de la République, dont l’exil de Luke ne fait que compliquer la tâche.

Star Wars falcon

« Star Wars VII Le Réveil de la Force », ou le film le plus attendu de cette fin d’année, réalisé par le non moins controversé J.J Abrams, un habitué de la science-fiction car réalisateur des deux derniers « Star Trek », et surtout connu pour son amour irraisonnable des lenses flares, qui ne sont pas nombreux dans ce Star Wars.

Passons à la question que tout fan se pose, ce Star Wars est-il à la hauteur des attentes ? Et la réponse est non. Non pas que ce septième épisode soit un mauvais film, bien loin de là, mais il est tout simplement impossible de répondre aux exigences des fans de la saga, après trente-deux années passées à étoffer l’univers Star Wars. Et ce, via les divers livres, jeux, bandes dessinés et courts-métrages des fans, dont le film fait complètement abstraction, afin de poser sa propre vision de l’univers Star Wars.

Star Wars xwing

La principale qualité de ce film est sans aucun doute la mise en scène de J.J Abrams, toujours aussi efficace dans les films de sciences-fictions à gros budgets (l’approche des X-Wing en rase-motte est tout simplement spectaculaire). En effet, elle souffle un vent de fraîcheur sur l’univers Star Wars. On est loin des effets kitsch des épisodes IV, V et VI, et clairement plus haut niveau que la prélogie. Ici, l’action est dynamique, les péripéties nombreuses et les sidekick attachants. Le tout servi dans une réalisation minutieuse collant parfaitement aux anciens films (qu’il est d’ailleurs conseillé de voir avant cet opus pour en profiter pleinement). Et cette mise en scène est appuyée par l’image argentique de J.J Abrams, tournant par la même occasion le principal de ses scènes en décors réels, donnant un cachet plus réaliste au film, qui ne fera que faciliter l’immersion dans l’univers.

La mise en scène est aussi servie par un traitement sonore au niveau des bruitages auxquels on ne peut rien reprocher. On se souviendra longtemps après le visionnage du bruit des sabres lasers et des tirs de blasters si communs à cet univers. Mais ce n’est pas le cas pour de la bande originale, qui, bien que de très bonne qualité, n’offre pas une utilisation optimale, la rendant oubliable malgré un thème qui aurait pu rester gravé dans les esprits, on n’entendra au final que les différentes reprises de l’ancien thème.

Mais le principal défaut de ce film est aussi une de ses grandes qualités, il est assez dur de ne pas penser à « Star Wars IV : Un Nouvel Espoir » en regardant ce « Star Wars VII », pour la simple et bonne raison que le film ne parvient à s’émanciper de son aîné. Il est certes, assez agréable de retrouver Han Solo, toujours interprété par Harrison Ford, accompagné de Chewbaca à bord du faucon millénium, mais le fan service se fait parfois trop envahissant. Et là où ce défaut devient une qualité, c’est au moment symbolique de montrer la passation de génération, illustrée par une scène, qui bien que prévisible car amenée trop tôt dans le film, n’en reste pas moins forte et marquante. Montrant une volonté de couper le cordon avec les précédents opus dans les prochains épisodes.

Mais venons au sujet qui fâche, le scénario. Car si ce « Star Wars VII » s’illustre par sa mise en scène, il ne brille pas par histoire, qui bien que son univers riche, se référençant de temps à autre de façon subtil à des classiques comme Isaac Asimov, c’est surtout dans sa narration, encore une fois typique de J.J Abrams, à base de retournement de situation et de twist à répétitions, qu’est le problème. Et bien que cette formule sert principalement à tenir le spectateur en haleine, elle crée aussi quelques temps morts dans le film, qui s’ils ne sont pas dérangeant se font tout de même sentir. Le film semble aussi faire avancer son histoire par le hasard, comprenez ici qu’un personnage ira dans un endroit purement par hasard, y rencontrera un autre personnage qui possédera purement par hasard l’objet que cherche le héros. C’est un système critiquable sur de nombreux points, et fort heureusement, le film n’en abuse pas.

Mais le plus gros point noir de ce film est bel et bien le personnage de Kylo Ren, réduit à une sorte d’adolescent incapable, colérique et surpuissant, vouant un culte à l’ancien maître du coté obscur Dark Vador, affrontant une héroïne tout aussi surpuissante. Et bien que le but premier du film soit de faire vivre une aventure à son spectateur à travers ses personnages, ce même spectateur ne manquera de relever les incohérences liées au traitement de ces deux ceux-ci. Incohérences dues à une volonté de passer trop rapidement du développement de ces deux opposés au vif du sujet d’un coup.

De ce fait, faut-il aller voir Star Wars VII ? La réponse à cette question est oui, car bien que le film ne soit pas exempt de défauts, il comporte tout de même de nombreuses qualités non négligeables, qui même si elles ne feront pas remonter le fan de Star Wars de vos premiers visionnages, sans doute à cause du manque de scènes réellement cultes, enrichie et renouvellant suffisamment l’univers de la saga pour que ce nouvel opus en vaille le coup. Le rachat de la licence par Disney laissait vraiment augurer du pire. Et j’avais tort. Dès les premières images et le texte qui défile à l’horizontale sur l’écran géant, dès que les premières notes ont retenti, la magie a opéré immédiatement. Mais évidemment ce n’était pas suffisant et il fallait que J.J. Abrams réussisse quand même à capter l’attention pendant 2 heures 20. Pari tenu, gagné en ce qui me concerne. Pas un instant d’ennui, c’est une presque totale réussite.

bb8 Star Wars

J’ai entendu les anti-star wars proférer cet argument imparable : “je n’en ai strictement rien à faire de Star Wars” . Ok, t’énerve pas gros ! Et la botte secrète, l’estocade finale : “il y a des choses plus importantes dans la vie que Star Wars !” Eueueuh, oui, je suis d’accord, et à 1 000 % même, mais purée que c’est bon !!!

Star Wars - giphy

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